LA ROBE DE CHAMBRE :

 

Une image récurrente règne dans mon esprit à propos de ce mot. Nous l'avons recherchée en vain pour illustrer ce texte, pour l'instant elle restera donc immatérielle: un monsieur cultivé (un écrivain, un peintre, un musicien peut-être.) à la fin du XIX ou au début du XX ème siècle, pose dans sa bibliothèque, vêtu d'un ample costume d'intérieur d'inspiration vaguement orientaliste. Et le costume d'intérieur devient alors un peu inconsciemment « le costume de la vie intérieure ». Le tissus un peu lourd et assez somptueux est comme un contrepoint intime nécessaire par rapport à la sévérité du costume masculin. Il exprime sans doute une part de féminité au masculin qui doit se réfugier loin du regard, dans la sphère privée. Mais il s'explique aussi peut-être par l'insuffisance du chauffage à l'époque, dans la maison que mon imagination a construit grande. Notre version s'inspire un peu du kimono dans sa construction et en particulier dans l'ampleur accordée aux emmanchures, expression d'une recherche un peu outrée du confort des mouvements en opposition au carcan quotidiens des « costumes d'extérieur ». L'usage de « tissus d'ameublement » pour les réaliser rappelle leur vocation de « costume d'intérieur », même si la transgression vers l'extérieur est permise, voire encouragée.

Home > Beaux draps > Costumes > Chambres > Histoire (1 de 2)

robes de chambres