PAPIERS PEINTS :
Le papier peint fut longtemps pour moi ce qui devait absolument être enlevé d'urgence pour prendre possession d'un lieu, un retour nécessaire à la matière du mur avant toute appropriation d'un espace. Une même rage de retour aux origines et surtout à des matières plus saines s'appliquant d'ailleurs aux sols où toute trace de recouvrement devait être enlevée.
C'est dire si le papier peint était pour moi un ennemi à abattre.
A la fois, j'ai pris un certain plaisir à ce lent travail de décollement qui laissait apparaître des couches successives dont les styles de plus en plus « vieillots » me fascinaient. Il m'arrivait même d'en conserver des fragments, humbles témoins d'un passé pas très ancien qui en reconstituaient parfaitement l'atmosphère.
Donc, paradoxalement, j'ai aussi éprouvé une certaine sympathie pour le papier peint. Toutefois, quand j'ai pensé à en éditer, je me suis plutôt inspirée des premiers papiers peints, avant l'industrialisation et avant les rouleaux, quand la technique ne permettait que de produire des feuilles souvent carrées. (...) |
|